mardi, 08 juin 2010

Alain GLON Président Des Établissements GLON

« Nous sommes à la veille d'un nouveau monde »

 

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Alain Glon :

« Il y a de l'espoir au bout, mais on va boire la tasse avant ! »

Alain Glon, président des établissements Glon et de l'institut de Locarn,

est un poids lourd économique du Centre-Bretagne.

 

Parlons d'avenir avec...

 

Alain Glon, président des établissements Glon et de l'institut de Locarn.

 

« La globalisation a conduit à des errements... »

- De l'autre côté du miroir...

- nous sommes à la veille d'un nouveau monde...

 


Ce n'est pas la première pensée que l'on prêterait à celui qui, avec ses deux frères, a transformé après la Seconde Guerre mondiale, la petite minoterie familiale en groupe colossal de l'agroalimentaire, qui investit 50 millions par an, a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 1,44 milliard d'euros et qui emploie 3 440 salariés. Et pourtant. Alain Glon veut masquer son inquiétude. « J'évite de le dire trop fort. Si moi je commence à être inquiet... ? »

Le virage des années 80

Pour évoquer l'avenir, le président rappelle le passé. « Après la guerre, chacun faisait ce qu'il avait à faire, personne ne renvoyait ses problèmes sur le voisin. On était porté par les Trente glorieuses. Aujourd'hui, on a un avis sur tout et on est responsable de rien. Et on voudrait produire dans un seul pays de quoi nourrir toute la planète. »

Pour le chef d'entreprise, c'est le virage des années 80 qui a été mal négocié.

« C'est à ce moment-là qu'on aurait dû changer de modèle. »

La mondialisation s'est accélérée dans les années 90.

De l'autre côté du miroir

Le noeud du problème ? On se tromperait de concurrents.

« Ce n'est pas de rivaliser avec le Brésil qui compte. Notre problème, c'est l'Allemagne. Quand en Bretagne on ferme 1 200 000 m 2 de poulailler en 4 ans, les Allemands en ont ouvert plus d'un million. »

L'usine de Saint-Gérand a 30 ans.

« Quelles sont les solutions données aux paysans pour qu'ils aient l'ambition d'investir ?

Nous faisons un métier formidable, nourrir les hommes. Nous vivons dans un pays formidable, avec une bonne nature, un bon climat. Mais les élus français ne comprennent rien à l'économie ! »

Mais alors changer pour quoi, quand on s'appelle Alain Glon ?

Pour répondre, le dirigeant se remémore un discours prononcé en début d'année aux membres du comité du groupe où il annonce qu'il est

« passé de l'autre côté du miroir. J'ai cessé de croire à l'utilité d'accélérer l'exode rural, de déposséder les paysans de leurs terres, ceci juste pour offrir des millions d'hectares aux géants de l'exploitation agro-alimentaire. »

Alain Glon en est convaincu : nous sommes à la veille d'un nouveau monde tout en prévenant que s'il y a de l'espoir au bout, « on va boire la tasse avant. Le libre mouvement des hommes, des biens et des capitaux a montré qu'il devenait destructeur des sociétés humaines. »

Alain Glon dénonce tour à tour la primauté du prix et du nombre qui ont dicté la loi des sociétés humaines au nom de l'enrichissement individuel.

« Il faut accepter que des mots comme reconnaissance, bien-être,

satisfaction, utilité, plaisir, aient leur place dans l'entreprise. »

 

 

Delphine LANDAY. pour le o/f

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