mercredi, 07 septembre 2011

CIDÉRAL / SERVICE HABITAT

Habitat. La Cidéral traque les logements insalubres.

 

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Parfois, l'insalubrité est visible et parfois moins...

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Depuis plus d'un an, la Cidéral repère les logements indignes. 200 habitations sans confort seraient à traiter. Les travaux ont déjà commencé chez une vingtaine de personnes.

La chasse aux logements insalubres est ouverte sur le territoire de la Cidéral, «de Merléac au Cambout et de Plouguenast à Hémonstoir», annonce Sophie Collet, la responsable habitat et vie sociale à la Cidéral.

Un bassin de 21 communes et 27.000 habitants. «On sait que le Centre-Bretagne est touché».

« Pas d'éléments de confort actuels »

Depuis le printemps 2010, nous avons entamé un travail de repérage des logements indignes».

Suivant une méthodologie très précise...


La base: le cadastre de 1973

La base: le cadastre de 1973, où les habitations avaient été classées sur une échelle de un à huit, selon le confort et la décence.

«On s'est focalisé sur les catégories sept et huit. Ces données ne sont pas fiables à 100%».

Entre-temps, des travaux de rénovation ont pu intervenir.

- Premier résultat: un millier de logements «potentiellement insalubres», dont une centaine sur Loudéac.

Une cartographie détaillée

Elle est établie pour chaque commune. Après plusieurs échanges avec les élus locaux et les acteurs du terrain, la liste est mise à jour.

«En réalité, 50% des habitats sont considérés comme inconfortables. 200 seraient vraiment à traiter».

Quels sont les critères retenus pour qualifier un logement d'insalubre?

«On parle d'absence d'éléments de confort actuels: salle de bain, sanitaires, système de chauffage, problème de sécurité dans les installations électriques, etc.»

Dans quelques cas,

«on voit des sols en terre battue, il n'y a pas de toilettes ou elles sont au fond du jardin, plusieurs générations cohabitent, iln'y a qu'une cheminée pour se chauffer...»

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50 logements indignes à Loudéac

Ces logements insalubres se trouvent «majoritairement» à la campagne mais aussi dans les bourgs, où «ils sont moins visibles».

Derrière les jolies façades...

«on ne voit pas la misère, l'humidité, les moisissures...»

Toutes les catégories de populations sont touchées,

«à des degrés divers, en particulier les retraités de l'agriculture, âgés de plus de 70 ans. Des gens se sont marginalisés. Certaines personnes se sentent perdues avec les travaux à entreprendre.»

Depuis janvier dernier,

Une cinquantaine de propriétaires, souhaitant faire des travaux, ont été contactés, avec l'aide des élus.

«Nous leur apportons un soutien technique, en réalisant un diagnostic conseil, et financier, en attribuant des subventions en conséquence. Les aides de la Cidéral peuvent monter jusqu'à 65% du coût du chantier».

Les travaux ont commencé dans une vingtaine de logements. À Loudéac, une cinquantaine de logements seraient classés insalubres.

«Notre travail commence àporter ses fruits. Les dossiers sont très lourds, longs à constituer. Certains nous apportent toute leur vie dans un classeur».

La traque à l'insalubrité continue.

« Enfin, la nouvelle forme de mal-logement, c'est la précarité énergétique: lorsque votre facture dépasse 10% de vos revenus.»

Renseignements

Auprès dela Cidéral, service logement, tél.02.96.66.09.09 oulogement@cideral.fr

Soizic Quéro, Le Télégramme

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POUR EN SAVOIR PLUS...

un article du Télégramme de Mai 2010, malheureusement toujours d'actualité...

Mal-logement en Bretagne. «Une bombe à retardement» [Les chiffres]

En septembre 2009, la fondation Abbé Pierre ouvrait son agence bretonne, à Rennes. Huit mois plus tard, Erwan Bretel, le responsable de la structure, dresse, «inquiet», le tableau du mal-logement dans la région.

Qu'est-ce que vous entendez par personne mal-logée?
Ce sont les gens qui sont à la rue. Mais aussi des personnes qui occupent des logements qui n'en sont pas. Soit parce qu'ils ne font pas 9m², soit parce qu'il n'y a pas d'eau et/ou d'électricité. Le loyer de ces logements indignes (ou taudis) atteint souvent 350 EUR ou 400 EUR. Enfin, la nouvelle forme de mal-logement, c'est la précarité énergétique: lorsque votre facture dépasse 10% de vos revenus. 

Combien de mal-logés la Bretagne compte-elle?
Je ne veux pas avancer de chiffres car de nombreuses données très différentes circulent. Je peux simplement indiquer qu'il y a environ 25.000 logements indignes dans la région ou que le 115 reçoit 2.400appels par an dans les Côtes-d'Armor. Mais pour avoir des statistiques fiables, il faut créer un observatoire du mal-logement qui regrouperait le conseil régional, les départements, l'Insee, la Drass, les agences d'urbanisme... 

Quelles sont les particularités bretonnes en matière de logement?
La Bretagne est un territoire qui manque de logements sociaux.Pourcent résidences principales dans la région, il n'y a que 10,8 logements sociaux. En France, on est entre 16% et 17%. Mais l'autre particularité de la région, c'est que les collectivités territoriales sont extrêmement volontaristes. RennesMétropole, par exemple, ce sont 50MEUR par an d'aides à la pierre, alors que le budget de l'État sur ce point précis, ce sont500MEUR. 

Le retard de la Bretagne pourrait-il donc être comblé?
Le problème, c'est que ces collectivités volontaires sont très dépendantes des crédits d'État. Avec la réforme générale des politiques de l'État (RGPP), les conseils généraux, par exemple, ont moins d'argent. Et le risque, c'est que les collectivités s'engagent moins sur le financement de logements sociaux. Seulement, dans le même temps, les besoins augmentent en raison de la précarité grandissante. En France, les courbes des expulsions, du nombre de logements indignes et des recours Dalo(droit au logement opposable) sont en hausse. Mais celle de la construction de logements accessibles, en baisse.

«L'avenir peut être brutal. Notre rôle, c'est d'alerter les gens, d'être les porte-parole des sans-parole et, aujourd'hui, la question du logement, c'est une bombe à retardement.»

 

 

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